Prédication du 08 février 2026 - Ephésiens 4.25-32 - Pour de saines relations dans l'Eglise. 2. Parler pour bénir

 


 


C’est à la fois un moyen de faire du bien… et une arme. Par elle, on peut guérir…et blesser. Elever… et rabaisser. Il s’agit de la parole, bien sûr.

Dans le passage d’Ephésiens 4 déjà médité la semaine dernière, Paul pointe différents domaines relationnels dans lesquels la vie nouvelle reçue par la relation avec Jésus-Christ doit se manifester par une nouvelle façon d’agir et d’être – avant tout, de saines relations dans l’Eglise.

Et la parole occupe une place centrale dans ce processus.

Relisons ce passage.

25 …ne mentez plus. Chacun doit dire la vérité à son prochain, parce que tous ensemble, nous faisons partie d'un même corps. 

26 Quand vous vous mettez en colère, ne commettez pas de péché. Votre colère doit cesser avant le coucher du soleil. 

27 Ne laissez aucune place en vous à l'esprit du mal. 

28 Le voleur ne doit plus voler, il doit plutôt faire tous ses efforts pour travailler de ses mains honnêtement. Ainsi, il pourra donner quelque chose à celui qui a besoin d'une aide. 

29 Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole malsaine mais, s'il en est besoin, une bonne parole qui soit constructive et communique une grâce à ceux qui l'entendent. 

30 Dieu vous a marqués de son Esprit Saint, alors ne faites pas de peine à cet Esprit. En effet, c'est lui qui vous assure qu'un jour, Dieu vous libérera complètement de vos péchés. 

31 Ne gardez pas dans votre cœur le mal qu'on vous a fait. Ne vous énervez pas, ne vous mettez pas en colère, faites disparaître de chez vous les cris, les insultes, le mal sous toutes ses formes. 

32 Soyez bons les uns pour les autres, ayez un cœur plein de tendresse. Pardonnez vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. 

29 Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole malsaine mais, s'il en est besoin, une bonne parole qui soit constructive et communique une grâce à ceux qui l'entendent. 

Aux versets 22-24, Paul vient d’affirmer ceci : si nous avons mis notre foi dans le Christ, nous sommes des êtres nouveaux. Il nous faut donc enlever notre vie d’avant, comme on enlève des habits, et notre parole aussi doit se dépouiller de ses vieux vêtements de péchés, pour devenir, résolument, une parole de vie à la gloire de Dieu.

A homme ou femme nouveau, parole nouvelle.

Il s’agit maintenant de parler pour bénir.

Un sacré défi, notamment aujourd’hui où l’on parle plus qu’on n’a jamais parlé avant : téléphone, internet, réseaux sociaux… un flot interrompu de paroles véhiculant le pire et le meilleur.

29 Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole malsaine mais, s'il en est besoin, une bonne parole qui soit constructive et communique une grâce à ceux qui l'entendent. 


Rejeter les paroles malsaines 

« Des paroles malsaines », qu'est-ce que c'est ? Paul donne quelques repères simples dans ce passage : des paroles fausses, trompeuses, pas vraiment honnêtes ; les paroles destructrices qui peuvent aller avec la colère : « faites disparaître de chez vous les cris, les insultes, le mal sous toutes ses formes ».

Ajoutons la médisance, les rumeurs, les calomnies, toutes les paroles « derrière le dos »…

En somme Paul pointe toutes les formes de méchanceté verbales qui rendraient la vie ensemble impossible (notamment dans l’Église, ici) si les chrétiens n’en triomphaient par l’amour, en échangeant toutes ces formes de paroles mauvaises par des paroles de vie.

Précisément, des « bonnes paroles qui soient constructives et communiquent une grâce à ceux qui les entendent ». 

Avant de voir ce que sont précisément ces « bonnes paroles », affirmons donc avec force l’importance de veiller très attentivement à ce que nous disons. Ça semble évident… pourtant il me semble que dans les Eglises on a tendance à sous-estimer leur pouvoir, à prendre à la légère notre responsabilité d’enfants de Dieu dans ce domaine.
J’interviens en médiation et gestion des conflits, et je peux faire le triste 
constat qu'on rencontre souvent dans les Eglises une violence verbale décomplexée... Sous prétexte qu’on est « entre frères et sœurs », ou « qu’il faut dire les choses comme elles sont », on se permet des paroles dures, accusatrices, destructrices parfois.... Avec une certaine tendance à rejeter le poids sur l'autre, celui qui reçoit les paroles  : « moi, je suis comme ça, je suis franc, si les autres ne sont pas capables d’entendre, c’est leur problème » ! 

Non ! Un enfant de Dieu ne peut pas agir comme cela.

Paul insiste aussi là-dessus en Colossiens 3.8 :

« Rejetez tout ceci : la colère, l'irritation et la méchanceté, l'insulte à Dieu. Qu'aucune parole grossière ne sorte de votre bouche. 9Ne vous ne mentez pas les uns aux autres, car vous avez abandonné l'être humain que vous étiez auparavant avec ses habitudes 10et vous avez revêtu l'être nouveau que Dieu, notre créateur, renouvelle continuellement à son image, pour que vous le connaissiez parfaitement ». 

Nouvel être, être renouvelé « continuellement » par le St Esprit : nouvelles paroles, à renouveler elles aussi par le St Esprit.

Remplacer les « paroles malsaines » par de « bonnes paroles »

Les « bonnes » paroles sont :

  • Vraies : Elles ne doivent pas être mensongères, trompeuses ou manipulatrices.
  • Bienveillantes : Elles cherchent le bien de l’autre, en accord avec l’amour chrétien.
  • Constructives : Elles visent à bâtir, à encourager, et à renforcer la communauté (l’Église) plutôt qu’à la diviser ou à la blesser.

L’idée d’édification (du grec oikodomé) renvoie à la construction d’un édifice. Cela signifie que les paroles doivent contribuer à la croissance spirituelle et morale des croyants, comme des pierres qui s’ajoutent pour construire un temple solide.

Paul commande aussi des paroles qui "communiquent une grâce" (du grec charis) : des paroles qui

·         reflètent la bonté et la miséricorde de Dieu.

  • Encouragent, consolent, guérissent… comme le fait la Parole de Dieu !
  • Dont inspirées par l’Esprit Saint et non par la chair, la nature humaine (cf. Galates 5.22-23).

La grâce, ici est une attitude qui manifeste la présence de Dieu dans les relations humaines.

Est-ce que mes paroles manifestent une qualité de relation avec Dieu ?


A quelle source puisons-nous nos paroles ? 

Globalement, nous savons tout cela. Le mettre en pratique est si difficile que la tentation, comme pour toutes les autres dimensions de la vie nouvelle en Christ, est de se contenter d’un coup de blanc au lieu de faire des travaux de fond ; d’en rester à la surface plutôt que d’aller avec le Seigneur là où il veut nous amener : à un changement vraiment spirituel, qui vienne du cœur.

Parce que c’est du cœur, et de notre relation personnelle avec Dieu, qu’il est question ici.

Nos paroles sortent de notre cœur, elles revèlent notre cœur : il s’agit donc que notre cœur soit renouvelé pour que nos paroles soient renouvelées.

Et pour que notre cœur soit renouvelé… il faut qu’il soit ouvert au St Esprit, l’inspirateur de la Parole même.

Paul renvoie ici à l’image biblique du bon et du mauvais arbre, employée par Jésus :

« On reconnaît l’arbre à ses fruits. Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits ni un arbre malade porter de bons fruits ». 

Ça veut dire que si nos paroles sont mauvaises, malades, c’est parce que nos cœurs sont malades. Si on aime dire du mal, c’est qu’au fond de nous, quelque chose ne va pas.

Jésus dit aussi en Luc 6.45 : « La personne qui est bonne tire le bien de son cœur qui est plein de bonnes choses. La personne qui est mauvaise tire le mal de son cœur qui est plein de mauvaises choses. Oui, ce qui remplit le cœur de quelqu'un, voilà ce qui sort de sa bouche. »

Dans notre cœur réside le Saint-Esprit. Or quand nous parlons mal, nous l’attristons, dit Paul.


Comment progresser ? 

Encore une fois, le changement que Dieu veut amener dans nos vies exige un travail engagé, exigeant, qui nous bouscule – pour notre bien, et avec le St Esprit !

Cela heurte nos résistances et déplaît à Satan.

La tentation est donc de juste donner l’impression que nos paroles sont bonnes en citant des versets, en prenant un air bienveillant, en mettant un emballage « spirituel » : combien de médisances tournées en « partage de sujet de prière » !

Mais dans les faits, malgré leur emballage chrétien, de telles paroles peuvent être vraiment malsaines puisqu’elles ne disent pas la vérité, ne sont  pas tournées vers le bien des autres, ne les prennent pas en considération pour les bénir.

De fait, pour que nos paroles soient assainies, il nous faut commencer par ouvrir nos cœurs à Dieu, dans la repentance.

Puis cultiver en vérité une attitude d’écoute.

 

1.      Ecoutons-nous parler… pour mieux connaître notre propre coeur

Pour savoir ce qu’il y a dans notre cœur… écoutons-nous parler.

Qu’est-ce que nos paroles révèlent sur notre cœur ?

Est-ce que je parle beaucoup ? De moi ? Des autres ? Qu’est-ce que je cherche à compenser ? A régler ?

Ai-je de l’amertume, de la colère, de la rancœur… contre quelqu’un ? De la jalousie ? Un sentiment d’injustice ?

 

2.      Disons la vérité avec amour

Si nous comme blessés par exemple, il est nécessaire d’en parler, même s’il peut sembler plus facile de se taire ; on nous a parfois appris qu’il était plus « chrétien » de ne rien dire pour ne pas faire d’histoires… mais où cela est-il écrit dans la Bible ? En « gardant dans notre cœur le mal qu’on nous a fait », nos désaccords, nos incompréhensions… il y a de fortes chances au contraire que l’amertume s’installe, prenne racine, produise de la médisance.. et que ce mauvais fruit pourrisse toute la cagette.

Un test ici : est-ce que je parle en vérité aux frères et aux sœurs avec qui je suis en désaccord, ou est-ce que je parle d’eux à d’autres ?

« Quand on ne parle pas aux gens, on parle des gens »… ce n’est pas très sain.

Il s’agit de dire la vérité –et il est possible de le faire sans agresser. 
La communication non violente (CNV) offre ici de belles ressources.
Même si cette approche est née dans un contexte non-chrétien, avec un vision du monde différente du modèle biblique (la CNV par exemple n'intègre pas la notion de péché), ses principes et ses outils me semblent tout à fait pertinents et utiles pour apprendre à parler à la fois en vérité et avec respect et bienveillance ! 

Pour en savoir plus, cliquez ici. 

Quelques principes :

  • ·         Parler en « je » vs le « tu qui tue ».
  • ·         Dire ce que nous ressentons vs ce que nous pensons que l’autre a mal fait
  • ·         Eviter les jugements, les accusations, les « toujours » et les « jamais »… 

La CNV est un outil précieux pour nous aider à prendre conscience de ce qui se joue dans nos prises de parole, et nous aider à porter honnêtement des paroles paisibles et constructives.


3.      Ecoutons les autres pour mieux les bénir

Proverbes 10.19 : « À trop parler on cause forcément du tort. Il est plus prudent de savoir tenir sa langue ». 

Parlons moins pour écouter davantage les autres.

Ça nous aidera à faire attention à eux, à leurs « besoins »… pour voir si éventuellement nous avons une « parole de grâce » à leur apporter !

Alors, que chacun de nous « s’examine lui-même », dans la prière, sous le regard d’amour du Seigneur.

Sa grâce est notre salut, comme le dernier verset du passage le rappelle :

« 32 Soyez bons les uns pour les autres, ayez un cœur plein de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ ». 

Quand nous aurons pris conscience de telles ou telles chose mauvaise en nous, repentons-nous devant Dieu, demandons lui pardon, demandons pardon à ceux que nous avons pu offenser, et au nom de Jésus, renonçons à nos mauvaises pensées et nos mauvaises paroles, sans culpabiliser inutilement.

Parce que Jésus, sur la croix, a pris sur lui toutes nos maladies intérieures, nous pouvons en être libérés. Il nous donnera la force de « revêtir », dans tous les domaines de notre vie, cette personne nouvelle créée par son Esprit, et portant des paroles nouvelles, des paroles bienfaisantes pour les autres,

Des paroles de vie.

Amen

 

Qu’est-ce que mes paroles révèlent sur mon cœur ?

Y a t’il quelque chose que je n’ose pas dire et qui est comme une racine malade, à l’origine de paroles négatives dans ma bouche ? A qui pourrais-je le dire ?

Quelles paroles « édifiantes », bienfaisantes – et sincères ! -  puis-je dire, aujourd’hui, à ceux qui m’entourent, pour les bénir ?

 

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